Jeudi 1 septembre 2005

16h52. John gravit les dernières marches qui le conduisent hors de la station de métro surchauffée. Il parvient à aspirer une bouffée d'un air légèrement plus frais avant que les lourds rayons du soleil ne l'atteignent. Le "la" intermittent du feu tricolore lui signale que les piétons sont autorisés à traverser. John s'engage sans regarder sur le Paseo de Recoletos, il traverse l'allée centrale, puis la contre-allée juste au moment où le feu passe au vert. Il accélère le pas. En arrivant chez lui à 17h et en se dépêchant, il pourra certainement être au bureau de poste avant 18h et partant, être à l'heure au rendez-vous. 19h, pour une séance de cinéma, c'est bien tôt, quand même.
La clé verte tourne dans la lourde porte d'entrée de l'immeuble. Clac! l'ouverture électrique de la porte s'enclenche et John pousse la porte. La fraîcheur du hall d'entrée lui tire un soupir de soulagement, aussitôt ravalé à la vue des escaliers en bois élimés et affaissés par des milliers de pas. John grimpe deux par deux les marches qui le conduisent à son appartement. La petite clé pour le hall, la grosse clé pour l'appartement lui-même et John pénètre enfin dans la pénombre du salon. Il jette un coup d'oeil à sa montre: il est 16h58.
Moins d'un quart d'heure après, John claque la porte de l'appartement, un sac-à-dos sur le dos. Luttant contre la chaleur, il se dirige à grandes enjambées vers la Plaza de Cibeles où se trouve le Palacio de las Telecommunicaciones et, à l'intérieur, la poste centrale de Madrid. Il rentre dans le majestueux bâtiment environ dix minutes plus tard, en sueur, et se fait orienter vers le guichet 34 pour qu'on lui prépare son paquet. Seulement deux personnes sont avant lui. Pas d'inquiétude, il devrait être à l'heure devant le cinéma.
L'employé qui se trouve derrière le comptoir est grand, cheveux châtains un peu dégarnis, porte une barbe et un bleu de travail. C'est lui qui s'occupe de donner les enveloppes pour le courrier recommandé et il confectionne également les paquets pour les colis volumineux. Empaqueteur, c'est un métier que l´homme prend au sérieux. Il utilise des gestes précis, assurés, mais vertigineusement attentionnés et lents. L'album photo de la personne précédente est d'abord inséré dans une grande enveloppe; cette enveloppe est ensuite scotchée soigneusement avec un scotch large aux couleurs des "Correos y Telegrafos" puis mise à l'intérieur d'un carton vert (deux centimes d'euro sont reversés pour planter des arbres) trop gros pour elle; plusieurs coups de ciseaux et pliages plus tard, le carton est à la bonne taille. Il est ensuite scotché, avec trois épaisseurs de scotch à l'endroit de la fermeture du carton, puis trois autres bandes perpendiculaires; enfin, du scotch est mis sur chaque arête du carton, peut-être pour éviter que des personnes puissent se couper; trois lanières de plastique noir assurent le maintien final; c'est deux euros et dix centimes, n'oubliez pas de bien mettre l'adresse, là, oui, mentionnez bien qui est le destinataire, et mettez le numéro de téléphone, on ne sait jamais, merci, personne suivante. L'opération a pris plus de quinze minutes.
Trente-cinq minutes après être arrivé et seulement deux paquets effectués, c'est au tour de John, qui sort alors son ordinateur portable de son sac-à-dos. La queue, autour de lui, comprend désormais plus de 5 personnes. "Ouh là, c'est bien compliqué ça, dit l'employé scrupuleux en apercevant le portable, il n'y a pas des gens qui ont des choses plus simples?". Dix minutes plus tard, une autre employée, le genre bidibule peu pressée proche de la retraite, est venu l'aider, tous les autres clients ont été servis et le barbu peut commencer à s'occuper du portable. Cela lui prend vingt minutes pour mettre du papier à bulle autour du portable, le mettre dans un carton vert et donner les conseils pour remplir l'adresse. Une fois payé l'emballage, John doit faire la queue au guichet 35 pour finalement envoyer le paquet. Il est 18h45 et on doit être en train de l'attendre devant le cinéma. La queue est heureusement rapide et il est à peine 18h50 lorsque John paie les vingt-huit euros cinquante de son recommandé. Il reste dix minutes avant le début de la séance, John met son sac-à-dos sur les épaules et commence à courir.

 
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Mardi 30 août 2005

[Cette expression, que je ne traduirai pas littéralement, montre un profond état de surprise.]

Ce matin, en arrivant au boulot, que vois-je garé sur le bord de la piste? Non, pas la dernière Ibiza de chez Seat, mais bien un vrai Beluga, posté à-côté de deux avions que j'ai reconnus pour être des F18. J'ai aussitôt tiré mon photophone pour immortaliser la rencontre, sauf que celui-ci n'avait pas assez de batterie pour daigner prendre la photo...
Imaginez:
6h45 du matin, le jour est en train de s'étirer dans son lit en se disant qu'il serait peut-être temps de se lever, m'enfin il fait un peu frais et la couette est si agréable, promis, dans cinq minutes je me lève.
Des hangars d'aéroport, projecteurs allumés. Derrière, une piste d'atterrissage.
Devant le hangar dorment, garés en bataille, deux F18 de l'armée espagnole, dans leurs plus beaux habits de camouflage gris/marron. Les lumières des projecteurs se reflètent sur eux.
Et là, derrière eux, occupant tout l'espace, dans une livrée blanche immaculée (ils ont pas dû avoir le temps de mettre les autocollants), un splendide Beluga tout neuf.
Superbe.
Je vais faire un dessin, tiens.


 

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Mardi 30 août 2005

Petite dernière pour la route: le couloir!

A droite, là, avant les tréteaux, c'est la chambre d'Ernesto. La mienne, elle est encore un peu plus loin...

 

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Dimanche 28 août 2005

Hier soir, donc, une soirée en trois étapes.

1e étape: l'apéro.
Sébastien avait son père à sortir. Celui-ci souhaitant un vrai repas dans un vrai restaurant, on décide de manger dans un restaurant argentin. En fait, des restaurants argentins, il y en a un peu partout et évidemment, ils sont réputés pour leur viande. Parfait, il est 22h et on commence sérieusement à avoir faim. Sauf que n'ayant pas réservé, on doit attendre 23h pour pouvoir avoir une table. Qu'à cela ne tienne, pour patienter, on va se faire un pichet de sangria à une terrasse proche.


Mais ceci est tout à fait inintéressant, je me rends compte.

Donc, abrégeons:

2e étape: repas chez l'argentin. Ils nous ont un peu pris pour des touristes et ça, ça vaut 0 pourboire. Un bon steack de 300gr par contre, ouais.

3e étape: à 2h du mat', on rejoint mon coloc dans le bar où il travaille. Une bière offerte, de la bonne musique, endroit sympa et fashion à refaire quand il y aura un peu plus de monde...

Voilà, couché vers 5h. A 16h30 quand je suis parti au Retiro pour faire une pétanque, Ernesto n'était toujours pas réveillé.


Et puis dans la série "waouh!", je vous épargne l'antichambre pour vous conduire directement au salon:

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Dimanche 28 août 2005

Le titre, c'est pour l'heure à laquelle j'écris ça.

Et donc, vue l'heure, je m'en tiendrai à l'épisode 2 de la série "Un appart de rêve": l'escalier (je ménage le suspense).

Ce qu'on ne peut pas voir là, c'est le "clic" parfait que fait la porte verte quand je tourne ma clé verte dans sa serrure. On ne peut pas non plus voir les locaux de l'entraide française, située au 1er étage de l'immeuble. Il faudra que j'aille y faire un tour, peut-être peuvent-ils m'aider à trouver un anti-moustiques et un humidificateur d'air.

Et puis demain, promis, je raconterai la soirée de ce soir. Bisous, bonne nuit, je pense à vous.

 

 
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