Samedi 1 octobre 2005

Hier matin, en allant au boulot, j'ai ramassé le "¡Qué!", journal gratuit qui fait référence pour tout ce qui touche à la non-information (voire dés-) et l'affolement de la population (un grand article sur les dangers de la climatisation alors qu'il fait 40 degrés, par exemple).
Hier, donc, une grande enquête sur le temps de travail en Europe:

Deux colonnes: à gauche, un anglais au travail; à droite, un espagnol au travail.
Sur une seule colonne (car blog petit budget), ça donne ça: 

8h: l'anglais arrive au travail. Il va prendre un café à la machine pour le boire devant son écran.

9h: l'espagnol arrive au travail. Il allume son ordinateur mais part immédiatement prendre une pause café qui dure trente minutes.

12h: l'anglais part manger. Trois-quart d'heure lui suffisent.

14h: l'espagnol part manger. Il revient 2h plus tard.

17h: alors que l'espagnol commence à travailler, l'anglais termine sa journée. Il a décidé d'aller au musée après le travail.

20h: l'espagnol quitte le travail. Il rentre directement chez lui et n'a jamais le temps de faire des activités de loisir ou culturelles.

 

-sans commentaire-

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Vendredi 30 septembre 2005

Dans le journal gratuit d'hier, les prévisions météo que je reproduis ici:

 

ÇA Y EST, C'EST L'HIVER!!!!

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Jeudi 29 septembre 2005

1. Samoussas y Keftas

Je suis rentré de vacances un samedi soir.
La bonne surprise, c'était la présence d'Andrea, la copine d'Ernesto, venue une semaine lui rendre visite (elle étudie le son en Angleterre et elle est cool!).
La mauvaise surprise, c'était que la chatte était repassée en mode "chaleur".
Évidemment, après la semaine de vacances et les deux jours à Paris, il me restait l'énergie d'un moineau grippé et plus rien du tout dans le frigo. Après une bonne douche, je constatai une amélioration sensible du point numéro 1; pour le No.2, pouet-pouet, et pas question de manger la chatte, même pas envie.
Heureusement, c'est dans de telles situations de dénuement que tout l'intérêt de la colocation surgit: Ernesto s'étant mis à préparer le repas du soir pour eux et un couple d'amis, il m'a gentiment invité à manger avec eux. Je m'en suis tiré pour un Death Cab for Cutie à la guitare, 2/3 rotations de samoussas et une bouteille de vin à 5€ (excellente au demeurant), et j'ai mangé des samoussas et des keftas maison, avec les sauces et les légumes qui vont bien. Super soirée, en fait, avec la vision de Closer dans notre Home Cinema (soirée très remplie puisque tout en regardant le film, j'ai pris le temps de ronfler sur le canapé), et qui devrait se continuer vendredi soir puisqu'Ernesto m'a invité à passer la soirée avec eux pour son anniversaire ainsi que celui de Lulu (qui est donc la plus belle moitié du couple précédent).

2. Gaspacho

Dimanche et lundi, je suis à peu sûr de n'avoir rien fait. J'ai dû faire les courses, terminer un gaspacho qui datait d'une semaine et entamer mon premier paquet de pâtes depuis que je suis à Madrid; puis au lit.

3. Yan

Jean est arrivé mardi soir. Je l'ai amené manger du poulpe au Maceiras, dont je crois avoir déjà parlé. Bon, je ne savais pas que Jean n'aimait pas le poulpe...

[MESSAGE IMPORTANT: si vous n'aimez pas le poulpe et que vous venez me rendre visite, prévenez-moi.]
[MESSAGE IMPORTANT: mais quand même, je vous conseille de le goûter, parce que j'ai personnellement (hein, Ségo!) eu de mauvaises expériences avec des poulpes et finalement ça peut être très bon.]

Enfin, de toute façon, au Maceiras, il y a plein d'autres choses à manger (comme des oreilles de cochon, par exemple, mais ça, pour le coup, c'est vraiment difficile. Nam, peut-être?) et nous sommes repartis tous très joyeux.

4. 5 pour 7

J'insiste sur le titre parce que moi, ça m'épate: après être allé joué au foot avec des collègues, on est allé prendre un verre. C'est en banlieue, un endroit genre ville-nouvelle-qui-craint-pas; tous les bâtiments sont pareils, deux étages et briquettes rouges, et il y a même un bar. Et bien dans ce bar, après 5 bières, les tapas qui sont servies avec et deux rations de patates, et bien j'ai payé 7 euros. C'est 1€ la bière, avec le petit sandwich qui va avec.
Mais quand même, pour revenir à l'essentiel, j'ai joué au foot pour la première fois depuis 3 ans, j'ai même pas eu mal au genou ni été ridicule. La preuve, c'est que mon équipe a gagné 5 à 1. C'est rigolo, on joue sur un terrain en gazon synthétique, un peu brillant, et rempli de petites cachous de caoutchouc qui te rentrent dans les chaussures. M'enfin il paraît que l'herbe est toujours verte et bien coupée.

5. Ce soir, rendez-vous avec quelques collègues de toutes nationalités (i.e. espagnols et français) pour... b'en je sais pas, boire des bières en mangeant du jambon arrosé d'huile d'olive, je suppose, comme d'hab'.

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Mardi 27 septembre 2005

Ce matin, je me suis réveillé à 5h. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?
On est pourtant passé aux horaires d'hiver: avant 7h45, il n'y a personne au boulot.
B'en pour le deuxième jour d'affilée, il y aura moi (hier, je m'étais planté...).
Et en attendant une heure décente, b'en j'installe mon téléphone sur mon ordi. Et oui.

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Lundi 26 septembre 2005

Aujourd'hui, je vais répondre à l'éternelle question: "Mais qu'est-ce que tu fais là-bas, au juste?"
C'est simple:
Lundi: DVD
Mardi: Match de foot
Mercredi: apéro chez Chérif
Jeudi: je pars en vacances pour une semaine

"Non, tu n'as pas compris: tu travailles dans quoi? pour qui?"

Ah... euh...

Faisons simple:

Certains pays souhaitaient remplacer leurs vieux avions avions de transport de troupes, genre Transalls, par des avions tout beaux, tout neufs. Ces pays réfléchirent à quel genre d'avion ils avaient besoin, se rendirent compte que leurs besoins étaient similaires, se regroupèrent dans une association de pays qu'ils appellèrent l'OCCAR et lancèrent un appel d'offre. Pour répondre à l'appel d'offre, Airbus et quelques autres, dont EADS CASA, créèrent Airbus Military SL, société espagnole. EADS CASA, qu'est-ce que c'est? Et bien quand Aerospatiale-Matra s'est réunie à parts égales, via la Sogeade, société détenue conjointement par Lagardère et l'Etat français, avec Daimler-Chrysler pour fonder EADS, l'Etat espagnol était là également, en apportant au nouvel ensemble les 5% que constituait son champion aéronautique national: CASA. Ce faisant, CASA devenait une société du groupe EADS et s'est vue rebaptisée EADS CASA. Donc, pour revenir à nos moutons, Airbus Military remporta évidemment le contrat. Il restait à construire l'avion que l'on appela A400M.

Airbus Military, c'est une société certainement très bien mais qui est tout à fait incapable de concevoir un avion: ce sont juste - je simplifie - quelques personnes dans un bureau de Madrid. Pour remplir ses engagements contractuels, la société se repose sur les entreprises qui font partie de son actionnariat. En l'occurrence, toute la maîtrise d'oeuvre du programme est confiée à Airbus, pas Military.
Airbus, c'est une société certainement très bien et qui sait faire des avions, des avions civils. Pas des avions militaires. Et c'est là qu'intervient EADS CASA, puisqu'eux, ça fait 80 ans qu'ils font des avions militaires. Du coup, Airbus délègue la conception de certains systèmes à EADS CASA, par exemple les systèmes de communications, qui sont particulièrement militaires.
EADS CASA, c'est une société certainement très bien mais ils n'ont pas trop l'habitude des méthodes Airbus et puis ils sont de façon générale pas mal à la rue. Par conséquent, ils font appel à une société extérieure pour les aider sur certains points où ils ont l'intelligence de se reconnâitre un peu justes. Cette société, c'est SEDITEC -plus de 20 ans d'expertise auprès d'Airbus. Ma boîte.
SEDITEC, c'est une société certainement très bien...
Voilà pour le contexte industriel.

Le programme A400M a été lancé en mai 2003, le 1er vol de l'A400M est prévu fin 2007 pour une certification mi-2009. Voilà pour l'aspect programme (en écrivant ça, je me rends compte que je me suis fait avoir: j'étais sensé rester 3 ans, jusqu'à la certif... ça fait 4, là, non?).

Oui, donc, la certification, qu'est-ce que c'est? C'est la reconnaissance, par les autorités de la sécurité aérienne (différentes pour chaque pays, mais liées par une instance supérieure dans l'Union Européenne) que l'avion qu'on construit est plutôt moins dangereux qu'un autre et qu'il peut voler sans mettre en péril la vie des gens, qu'ils se trouvent à l'intérieur ou en-dessous. Et pour que l'avion soit certifié, et bien il faut avoir bien travaillé et pouvoir montrer qu'on a bien travaillé; ça veut dire montrer aux autorités des documents qui disent comment on fait, comment on vérifie qu'on a bien fait et, évidemment, comment on est sûr qu'on a bien vérifié. Très simple, tout ça.

Donc, moi, là dedans, je fais le lien entre les gens qui conçoivent les systèmes de communication et les autorités; je m'assure que les exigences des autorités ne sont pas extravagantes et, de l'autre côté, que les concepteurs prennent bien en compte ces exigences et sachent montrer qu'ils les prennent en compte.

Évidemment, c'est pas parce que je dis que j'ai peint mon avion en rouge que je ne l'ai pas finalement peint en bleu. Mais à partir du moment où c'est dit, c'est plus facile:
- de le prendre en compte,
- de le vérifier;
et c'est ce qu'on appelle la "Quality Assurance": comme il est difficile d'être sûr que le produit est bon, on essaie au-moins de s'assurer qu'on le fait de la bonne façon.

C'est pas clair?

par Poupouille publié dans : superbueno
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