Mercredi 26 août 2009
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Bon, b'en voilà quoi, j'étais au Pérou avec Raquel, c'était tellement bien que je me permets de relancer le blog.
J'ai mis aussi une sélection de photos sur Picasa (http://picasaweb.google.com/sylvain.bertelli/090805LesVacancesAuPerou?authkey=Gv1sRgCL7TlOGqwI6lPA&feat=directlink) comme ça vous pouvez
suivre en même temps).
Nous sommes donc arrivés à Lima. Lima, c'est gris tout le temps, le plafond nuageux doit être à 200m, ça en est impressionnant lorsqu'on atterrit dans les nuages. Architecture typique: pas
d'immeuble, des maisons de un étage tout carrées. C'est d'ailleurs bizarre mais j'ai très peu de photos de Lima...
Enfin, nous ne nous y arrêtons pas car nous prenons directement le bus pour Trujillo, 8h au nord, où habite l'oncle de Raquel. Premier taxi et, passé le petit moment de suspense dû
essentiellement à tout ce que j'ai pu lire comme histoires sur les méchants taxis et les méchants péruviens kidnappeurs de touristes, premières frayeurs dans les transports péruviens: il conduit
n'importe comment et en plus nous saoûle un peu en - tour à tour - critiquant le racisme espagnol, nous racontant ses histoires avec les malfrats locaux, essayant de nous vendre les chaussures
péruviennes. Le bus, c'est rigolo: pour éviter les désagréments des bus qui s'arrêtent sur le parcours et se font attaquer par les bandes armées, le bus est direct, avec prise d'empreinte
digitale et vidéo au départ. Et puis c'est un bus couchette avec service à bord. 20 euros les 8h de bus, pas bien cher pour nous.
Bon, ça y est, j'ai parlé d'insécurité, je vais faire flipper mamie. Non, non et non, jamais nous ne nous sommes sentis en "insécurité" au Pérou. Au contraire, je n'ai jamais vu autant de
policiers dans un pays. A chaque coin de la Plaza de Armas de Lima on peut trouver en permanence 6 policiers avec bouclier anti-émeute... Ils ont même une police "touristique" qui donnent du
sifflet lorsque quelqu'un importune un touriste en essayant de lui vendre des articles de provenance pas très claire.
Trujillo, c'est là que nous découvrons l'architecture coloniale: des jolis balcons et des églises tous les cinquante mètres. Hors du centre et comme il ne pleut jamais, les maisons construites en
briques de torchis ("adobe" en espagnol) sont rarement peintes ni même terminées. Un peu à la mode canarienne, il reste toujours les barres de fer verticales qui sont sensées supporter un toît ou
lancer un deuxième étage. Enfin, Trujillo, c'est un bon lieu de départ pour voir plein de sites archéologiques de civilisations pré-incas (-2000 à 1300 en gros). La chose incroyable, c'est qu'il
y a des quantités de petites montagnes où les gamins allaient jouer il y a vingt ans et qui sont en fait des temples en forme de pyramide (huacas) recouverts de terre et de sable (ci-dessous, la
Huaca del Sol, vue depuis la Huaca de la Luna...).
Alors évidemment, entre les espagnols et les pilleurs de tombe, il y a plein de trucs qui ont disparu mais c'est quand même hallucinant combien il reste encore un tas de trucs qui n'ont même pas
été fouillés et qu'ils viennent par exemple de trouver (2005) une momie toute conservée, tatouages inclus, d'une petite dame du IVe siècle, avec tous ses colliers, sceptres et piercings (la
Señora de Cao, morte à 20 ans mais qui avait tout l'air d'être une grand-chef).
Et comme il n'y a pas vraiment de sous pour tout examiner et tout conserver, la plupart des sites sont accessibles par des chemins plus que des routes, à peine exploités et surveillés. Bref, nous
avons vu là-bas pas mal de temples, de dessins de l'Aia Paec, Dieu égorgeur, de tombes, de squelettes et de boucles d'oreilles de trois kilos chacune.
Retour en bus et un jour à Lima. C'est là que nous avons confirmé le peu de charme de Lima. Le seul truc marrant qu'on a fait, mais il faut le vivre pour comprendre, c'est un tour d'une heure
dans un mini-bus déglingué pour monter à fond les ballons et au bord du précipice en haut d'une petite montagne qui surplombe la ville (avec sa croix de 10 mètres). Et puis des églises
coloniales. Visiblement, ils ont récemment viré la statue équestre de Pizarro de la place centrale pour la reléguer dans un parc du nord de la ville. Ah si, c'est aussi là qu'on commence à sentir
quelque chose: on assiste par hasard à la relève de la garde du palais présidentiel. Ça se passe tous les jours et ça mobilise une bonne centaine de policiers, gardes républicains et autres
militaires, avec fanfare, marche au pas et toute la place qui est coupée à la circulation. Le lendemain tôt, départ pour Cusco en avion (1h d'avion, 20h de bus, nous avons fait notre choix).
Cusco, c'est l'ancienne capitale de l'empire inca, le coeur du "Valle sagrado", le départ de l'expédition au Machu Picchu.
Alors pour aller au Machu Picchu, il n'y a pas 36 solutions: soit on fait le trek du chemin de l'inca (ancien sentier utilisé par les incas), 300 dollars pour 4 jours de marche, soit on prend le
train pourri et cher de l'unique compagnie privée qui relie Cusco et Aguas Calientes (Machu Picchu Pueblo), soit, route dite alternative, on prend un bus local, 5h, puis un autre, 2h, pour
arriver à un petit village thermal, Santa Teresa, qui commence malheureusement à se transformer en parc touristique. M'enfin c'est là que ça devient rigolo: le terminal de bus, c'est juste un
croisement de deux rues dans un quartier pas top (enfin, un quartier pas touristique, un quartier normal) de Cusco; le bus, c'est une fourgonnette pas toute récente, et la route, de montagne,
elle n'est plus goudronnée à partir de la troisième heure, elle passe carrément dans les ruisseaux, je n'avais jamais eu cette expérience... et quant aux ponts en bois qui traversent les
rivières, c'est pas le genre de truc qui donne totale confiance... A Santa Teresa, donc, petit village perdu au milieu de la montagne, version forêt tropicale, c'est excellent parce qu'il y a des
thermes qu'ils sont en train de bien aménager pour le touriste.
Il leur reste quand même à éliminer les sâles petites bêtes noires qui nous ont fait une vingtaine de piqûres à chaque jambe et qui démangent encore après 10 jours. Là-bas, nous avons passé la
nuit (10 dollars, par cher) et le lendemain, l'idée était de prendre un autre minibus jusqu'à une centrale hydro-électrique puis de marcher jusqu'à Aguas Calientes mais nous avons craint pour nos
genoux et nous avons finalement décidé de prendre le temps de retourner aux thermes et pris le train depuis la centrale (8 dollars pour une heure).
Premier moment de rencontre avec PLEIN de touristes (et suite dans le prochain billet).
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