Vendredi 19 décembre 2008
Aïe, je crains que ce blog ne vive ses derniers soubresauts...
Donc voilà, encore une fois tout en accéléré...
Depuis Lanzarote, il y a déjà un mois, j'ai eu une réunion de ces réunions importantes où je vais rencontrer les autorités de certification pour qu'elles me disent de mieux travailler et de leur
donner des infos que je ne peux pas donner... bref, après ça, je reconnais avoir eu quelques jours un peu plus tranquilles, c'est bien vrai, tiens, mis à part que nous nous sommes mis à fond dans
le groupe pour pouvoir donner notre premier concert "avec nouveau batteur" ce samedi 20 décembre.
Et puis le week-end du 6 au 8 décembre (lundi férié), nous sommes avec Raquel allé à Cordoba/Cordoue. C'est marrant, nous avons atterri par hasard mais directement dans le même restaurant où nous
avions mangé avec l'équipe Pacal/Florent/Nathalie/Flora/Aurélien il y a trois ans déjà, et oui comme le temps passe. En gros, il n'a pas fait très beau, mais Cordoba, c'est très bien et en
particulier on y mange vraiment très bien. Juste que nous en sommes sortis avec la crève mais bon, le week-end était cool!
Ah, équipe Pacal/Florent/Nathalie/Flora/Aurélien, il faut qu'on retourne à Cordoba, c'est qu'on a trouvé, juste à côté de l'hôtel d'ailleurs, un bar comme il n'en existe nulle part.
==== Aparté: LE BAR DE CORDOUE
Un bar à l'espagnole, un peu enfumé, avec un grand bar qui fait tout le long de la salle, des gens debout le long du bar et pas de place pour passer.
Derrière le bar, un bon gars de là-bas, barraqué, la cinquantaine, bonne barbe grisonnante, les yeux rieurs toujours à demi fermés qui laissent penser que le type est bourré, et un foulard bleu à
carreaux noué sur la tête, genre pirate. Déjà, rien que le barman, ça vaut le détour, je vous l'assure. En plus, quand on voit la quantité d'huile qu'il verse sur une assiette de fromage, c'est
toute l'Espagne qu'on a là.
A l'entrée, un vieux qui joue de la guitare flamenco, plutôt bien, en chantant, plutôt mal.
Ah et puis directement sur le bar, des bouteilles d'alcool.
On se dit: "mmm... pas mal, le bar".
On se pose à un coin du bar, à l'entrée des toilettes, là où on trouve de la place.
On commande à boire. Le barman (mais "barman", ça sonne mal pour ce genre de bonhomme), immédiatement chaleureux, entame la conversation (accent à couper au couteau, je ne comprenais à peu près
rien) car on n'est pas vraiment décidé sur ce qu'on veut. On se décide pour deux patcharans. Le barman va chercher deux verres, les remplit de glaçons énormes, comme d'hab', et puis pose la
bouteille à côté des deux verres: "et bien servez-vous!" et puis te laisse planté là. Bon bon bon... On se marre, on se décide, on se remplit deux verres bien chargés, et on continue
d'halluciner.
Et quand on veut partir, on demande l'addition, le gars s'approche et jette un oeil à la bouteille, toujours avec son air entre expert et alcoolique. "C'est 6 euros. Mais vous vous êtes pas
beaucoup servis" et il re-remplit les verres...
Le lendemain, pour être bien sûrs, on y retourne. Même sketch: la bouteille, tu te ressers autant que tu veux et quand tu veux payer, le gars évalue et annonce le prix: 8 euros la presque
demi-bouteille de Baileys. Mais avec une variante cette fois: un type, jeune, rentre à un moment dans le bar, l'air entre perdu et bourré, et demande aux clients quelques euros pour s'acheter à
manger. On l'envoit finalement au patron.
"Est-ce que tu peux me donner quelque chose à manger?" en montrant une pièce de deux euros.
Et le patron, ton bien bourru:
- Tu fais quoi ici? tu as bu, non?
- Non non non non non non j'ai arrêté de boire il y aaaaaa oooh...
- Mouais. Tu sais quoi? je vais te filer à manger. Mais tu vas me promettre d'arrêter de boire. Ouais garde ton fric, je vais te filer un salmorejo."
Et il lui sert une grosse assiette de salmorejo (sorte de gazpacho local, tomate, ail et petits bouts de jambon, super bon) ET une grosse assiette de soupe de poisson, bien chaude, avec un bon
bout de pain.
" Et je pourrais pas avoir un truc à boire aussi quand même?
- Rêve mon gars (bon, il n'a pas dit comme ça mais comme vraiment je comprenais rien à ce qu'il disait, je suis un peu obligé d'interpréter).
Bref, un grand moment. Le pauvre gars a mangé ses deux soupes en trois minutes et a quitté le bar sur un "Et rentre chez ta mère! C'est elle qui t'aime le plus, c'est chez elle que tu seras le
mieux!".
==== fin de l'apparté: LE BAR DE CORDOUE
Avec tout ça on se dirige vers un article bien long...
Donc, pour la suite, le retour de Cordoue a été un peu difficile car dus aux retards - annoncés dans tous les journaux - de notre bel A400M, il a été décidé, visiblement en catastrophe, de
limiter autant que possible les coûts. En pratique, de réduire fortement la quantité de gens travaillant sur des parties non critiques de l'avion, les thèmes moins urgents vus le décalage du
planning, ou les domaines qui se retrouvent en avance, et évidemment, les premiers qui trinquent sont les sous-traitants, ce sont les risques du métier... En bref, des contrats n'ont pas été
renouvelés, il a fallu réfléchir, se casser la tête, trouver des solutions et faire des choix, avec l'amertume découlant du fait que dans de telles situations il n'y a pas de solution parfaite...
un moment un peu difficile pour tout le monde... En ce qui me concerne directement, je m'en sors plutôt bien puisque je change de programme (b'en oui, la certification de l'avion, c'est pas
aujourd'hui le plus urgent...) mais j'en profite pour gagner du temps pour l'entreprise et pouvoir m'investir dans des choses qui m'intéressent plus que la certif. Donc c'est cool pour moi. Sauf
que tout le monde n'est pas dans le même cas... Enfin voilà, ce n'est pas terminé mais pour le moment ce sont quasiment les vacances alors relaaaax. Et hier soir, repas de Noël de la boîte, je me
suis couché à 4h et je comptais bien aujourd'hui me coucher à 10. Zut, j'ai pas mangé...
Ah! Et puis demain concert de Million Waaaaaaaays! Juglar, petite mais très bonne salle. J'ai hâte! Sept mois sans concert, c'était long. Nouveau batteur, on verra bien ce que ça va donner.
--dodo--
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